#51 25/08/2014 23h00
- marcopolo
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Actif - Passif = 0 par définition la somme des valeurs à l’actif étant égale à la somme des valeurs au passif.
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Analyse de l'investissement dans Rheinmetall AG : une discussion entre investisseurs
Cette discussion porte sur l'opportunité d'investissement dans Rheinmetall AG, un conglomérat allemand actif dans les secteurs de l'automobile et de la défense. Un membre présente une analyse détaillée de la société, soulignant sa solidité financière, son chiffre d'affaires stable sur plusieurs années et un dividende en croissance. Il met en avant des ratios de valorisation attractifs (P/E, P/S, P/B, P/CF) comme argument principal pour justifier l'achat de l'action, suggérant un potentiel de croissance important malgré un contexte économique incertain. Les arguments reposent sur une analyse des bilans et des perspectives de marché, à la fois pour la division automobile et celle de la défense.
D'autres participants interviennent, exprimant des points de vue divergents. Certains remettent en cause la stabilité du dividende, soulevant des préoccupations concernant la volatilité du cours de l'action et la nature de small cap de la société. Des incertitudes sont exprimées quant à la stratégie de spin-off de la division automobile, et les risques liés à la situation économique européenne et à la dépendance aux budgets de défense sont abordés. L'analyse des marges et de la rentabilité est critiquée par plusieurs membres, qui mettent en avant un ROE inférieur à celui de concurrents américains. Des préoccupations sur la gestion et les perspectives de croissance à long terme sont également exprimées.
Une partie de la discussion s'éloigne de l'analyse purement financière pour aborder des aspects plus qualitatifs. Les participants débattent de la culture managériale allemande, de la transparence des comptes et de l'importance du leadership. La compréhension des différents ratios (Book Value, NAV, ANR, ANCC, free cash flow) et la manière de les interpréter pour une évaluation juste de la création de valeur sont longuement discutées. Le débat illustre la nécessité d'une analyse rigoureuse et multi-facettes, allant au-delà des indicateurs financiers traditionnels pour une appréciation complète des opportunités d'investissement.
Enfin, une mise à jour ultérieure de l'analyse initiale est fournie, où l'auteur reconnaît ses erreurs d'appréciation passées, en particulier concernant la confiance excessive accordée aux données superficielles et l'absence d'analyse approfondie des flux de trésorerie et de la création de valeur réelle. Ce retour d'expérience met l'accent sur l'importance d'une analyse critique et minutieuse des comptes annuels pour éviter les pièges potentiels.
En résumé, la discussion offre un panorama complet des éléments à considérer lors de l'évaluation d'une opportunité d'investissement, soulignant la nécessité d'une approche rigoureuse combinant analyse quantitative et qualitative, ainsi que l'importance de la compréhension des spécificités du secteur et du contexte géopolitique.
Actif - Passif = 0 par définition la somme des valeurs à l’actif étant égale à la somme des valeurs au passif.
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Merci Thomz pour cette mise à jour Rheinmetall, c’est très utile.
Ca me fait penser à Vallourec que j’ai eu en ptf il y a quelques années.
Sans entrer dans le détail (que je ne maitrise pas bien d’ailleurs…), si on ouvre les comptes du dernier rapport annuel on voit :
resultat net,
2012 275 mio
2013 299 mio
mais si on tourne la page on voit le resultat global,
2012 22 mio
2013 -141 mio
bcp moins bien, et on comprend mieux pourquoi l’equity baisse malgré les résultats nets >0
(eq = 4.99 md en 2013 vs 5.14 md en 2012)
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Chouette, je vais encore apprendre quelque chose dans cette file !
C’est quoi le ’résultat global’ ?
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Ben oui, dans certains cas c’est important de savoir… :)
Ça peut aussi s’appeler résultat étendu ou comprehensive income.
un petit aperçu ici :
Résultat étendu - Mazars - France
somme du résultat net et des autres produits et charges comptabilisés directement en capitaux propres
Si vous etes courageux, ouvrez le rapport annuel de vallourec 2013, vous verrez un exemple…
chapitre 6.1.3
Dernière modification par Izidore (26/08/2014 14h49)
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En fait, un grand sport des entreprises est de passer leur pertes "exceptionnelles" directement dans le bilan, sur le capital, les réserves et autres surplus, bref les capitaux propres, sans bien sûr les inclure dans le compte de résultat. À l’inverse, ils passent souvent leurs profits exceptionnels (gains sur rachat d’obligations, d’immobilier ou tout autre gain) dans le compte de résultat.
Tout cela dans le but évident de gonfler le compte de résultat puisque c’est cela que les "investisseurs" regardent en priorité, souvent c’est même uniquement ce qu’ils regardent.
Comme dans le cas de la NAV (ou ANR ou autre), il s’agit de rétablir la réalité opérationnelle de l’entreprise, de sortir les éléments exceptionnels lorsqu’ils le sont vraiment et de ressortir ce qui n’est pas vraiment ordinaire.
encore une fois, on cherche le résultat réel.
Cf Security Analysis chapitres 31, 32 et 33 pour les amateurs
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Si je comprends bien, le résultat étendu est strictement égal à la variations des fonds propres.
Mais à part les dividendes j’avoue n’avoir jamais trop compris quelle était la différence entre resultat net et variations des fonds propres. Si quelqu’un pouvait m’expliquer simplement !?
Je vois par exemple dans le rapport de Vallourec cité par Izidore qu’une différence importante est nommée "Pertes et profits de conversion des états financiers des filiales en devise étrangère". Kesako ?
Je vois aussi (https://www.knotia.ca/Courses/CourseCon … re_ppt.pdf) que pour avoir les résultats étendus il faut ajouter au résultat net :
- Actifs financiers disponibles à la vente
- Couvertures de flux de trésorerie
- Conversion des états financiers des établissements étrangers autonomes
- Plus-values constatées par expertise
- Dons sans rapport avec les propriétaires
C’est quoi tout ça ?
Quant à lire Security Analysis, j’attends ta traduction Wawawoum :-)
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JeromeLeivrek a écrit :
Si je comprends bien, le résultat étendu est strictement égal à la variation des fonds propres.
le passage au résultat étendu prend en compte uniquement les éléments de gain/perte qui ne passent pas dans le compte de résultat.
Par exemple, si vous avez une filiale en Argentine qui travaille en peso, et que le peso chute, même si votre filiale continue a bien fonctionner, vous francais vous perdez de l’argent car en euros l’activité vaut moins. Cette baisse de valeur va passer directement en capitaux propres sans passer par le compte de résultat, les actionnaires peu attentifs ne verront rien.
idem pour des "Actifs financiers disponibles à la vente" : ce sont des instruments financiers dont la variation de valeur (positive ou negative) n’a pas à etre prise en resultat. Ca passe directement en fonds propres sans impact sur le resulat net comptable.
Dernière modification par Izidore (26/08/2014 15h22)
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Je ne sais pas exactement à quoi tout cela correspond, mais cela doit être de nature exceptionnelle, donc porté aux capitaux propres directement, sans passer par la case compte de résultat.
Idéalement, la variation des fonds propres devrait être identique au résultat net, seulement voilà, le résultat est censé refléter l’opérationnel de l’entreprise, donc on exclut ce qui hors business pour l’impacter directement sur les fonds propres.
En réfléchissant à l’envers, on vois bien que tout mettre au compte de résultat n’est pas forcément juste; dans votre exemple, les gains sur couverture de trésorerie, changes, actifs financiers vendus, les plus-values ne sont pas du domaine de l’opérationnel de l’entreprise, c’est un à côté qui n’a pas pour but de rapporter de l’argent.
Les pertes se font souvent plus des stocks ou des comptes clients, donc théoriquement portées au compte de résultat car ces postes sont du domaine de l’opérationnel de l’entreprise. Évidemment, beaucoup d’entreprises essayent de faire l’inverse.
Sauf s’il s’agissait de banque, de sociétés d’assurance, auquel cas les gains sur produits financiers seraient du domaine opérationnel normal. Ou dans le cas de gains sur de l’immobilier pour les foncières.
À chacun de remouliner le résultat net et les variations de fonds propres pour obtenir la profitabilité la plus réelle "possible".
@ Izidore: pour moi le résultat global inclus bien le résultat net + les variations hors compte de résultat.
@ JL: oui, c’est bien la variation des fonds propres. enfin presque car il faut tenir compte de l’évolution du nombre d’actions et des dividendes payés. Si on prends les CP par action, on a (tous les chiffres sont par action)
CP1 + delta nombre d’actions - dividendes + résultat global = CP2
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Wawawoum a écrit :
À chacun de remouliner le résultat net et les variations de fonds propres pour obtenir la profitabilité la plus réelle "possible".
Mon experience issue de Vallourec me fait penser qu’il faut toujours regarder si resultat net et le resultat global sont proches (ça prend 10 sec). Si ce n’est pas le cas il faut comprendre pourquoi, car ça peut signifier qq chose d’important et de plus ou moins caché.
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Wawawoum a écrit :
@ Izidore: pour moi le résultat global inclus bien le résultat net + les variations hors compte de résultat.
100% d’accord
ce que je voulais dire c’est que le passage entre les deux se fait par les éléments hors compte de resultat (j’ai corrigé, merci)
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Avec plus de 50% depuis 1 semaine, une action qui profite de la décision allemande de consacrer 2% de son PIB à l’armement
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